SCUM MANIFESTO contextes 30
jamais je n’ai vu partager la joie ou le malheur. La seule entrave à sa liberté, c’est l’injustice dont les autres sont victimes 20 », disait Marguerite Duras de Delphine Seyrig.
Le texte de Valerie Solanas sera republié en France à deux reprises : en 1987 chez l’Unique et son ombre, puis en 1998 aux éditions des Mille et une nuits, la seule aujourd’hui disponible. Mais, signe du temps, la présentation de Christiane Rochefort, « Définition de l’opprimé », qui en guidait la lecture d’un point de vue féministe, est remplacée par une postface provocatrice, outran-cière et injurieuse de Michel Houellebecq, « L’Humanité, stade second », qui commence sans ambiguïté : « Pour ma part, j’ai tou-jours considéré les féministes comme d’aimables connes, inoffen-sives dans leur principe, malheureusement rendues dangereuses
20 Marguerite Duras, « Delphine Seyrig, inconnue célèbre », article paru initialement dans Vogue (1969) et repris dans Outside (1984), Paris, Gallimard, 1995, p. 257.
Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig au Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, photographie de Catherine Deudon, 1984.