SCUM MANIFESTO échos 64

SCUM répliques

Térésa faucon

 

 

Restaurer SCUM Manifesto aujourd’hui invite à écouter les derniers échos des voix de Carole, Delphine et Valerie. Ces voix résonnent encore avec mais résonnent-elles encore dans des œuvres contemporaines et comment ? Le terme résonance est ici employé au sens fort et pas seulement au sens usuel, donc affaibli, d’une mise en relation des œuvres largement pratiquée pour suivre des filiations, pour établir des parentés/communautés d’artistes selon des critères variables : idéologiques, formels, contextuels. Au sens fort donc de la résonance donnée à une voix et de ses répliques puisque la vidéo SCUM Manifesto est avant tout un dispositif pour porter une voix en lui donnant corps et pour donner une portée à une seule voix qui vaut pour des voix de femmes. La mise en scène fait apparaître deux axes perpendiculaires autour d’une table :

— horizontal/latéral (trois femmes : Carole face à Delphine tenant le livre de la première édition de Valerie Solanas dont le visage sur la couverture « nous » regarde, la première dactylogra-phiant, comme sous la dictée, ce que lit la seconde) ;

— vertical/dans la profondeur (trois appareils : la caméra, la machine à écrire, le moniteur diffusant les images de journaux télévisés, du mois d'août 1976, présentés par Jean-Claude Bourret et Bruno Masure).

Mais cette mise en scène n’oppose pas diamétralement fémi-nin/masculin, machine/humain, ni deux gestes : lire/dire, dire/écrire, dicter/se laisser dicter. Les mouvements optiques en avant et en arrière, tantôt lents, tantôt rapides, du Portapak ne cessent de reconfigurer cet espace et le contrepoint entre la voix lisant et les