SCUM MANIFESTO échos 70

d’une comptine, la robe bleu et les souliers rouges de Pipilotti Rist (comme Judy Garland dans Wizard of Oz) se promenant sur un trottoir, avec une nonchalance donnée par le ralenti, une grande fleur d’Aloe rouge à la main, dans Ever Is Over All (1997 8). Ici aussi les formes du contrepoint et de la répétition sont essentielles : l’ar-tiste souriante brise la vitre d’une voiture garée en bordure avec sa matraque végétale. Une gendarme salue son geste qu’elle réi-tère dans un fracas de tessons de verre. Ces éclats sonores sont une réplique à la douceur de la voix chantée comme les frappes de la machine l’étaient à celle de Delphine Seyrig.

Ces œuvres rejouent aussi les gestes de la dé-coupe, dans les tissus textuels et vocaux, dans l’image aussi. Le cut-up de Catherine Corringer mixe les mots de Solanas avec ceux de la première

8 → https://www.moma.org/collection/works/81191.

Ever Is Over All, 1997, installation vidéo de Pipilotti Rist, courtesy the artist, Hauser & Wirth and Luhring Augustine.