SCUM MANIFESTO échos 74

transsexuels lisent les articles de la Constitution concernant leurs droits et ne peuvent s’empêcher de rire de l’absurdité de la situation, tant la réalité est cruelle par rapport à la promesse. La dé-coupe est ici aussi très forte avec les images sur des épidermes crevas-sés, comme une terre aride (le terme ourdou hijra vient de l’arabe signifiant exil). Le montage est saccadé avec ces images hétéroclites de fragments de corps et d’espaces plus ou moins identifiables et ces sons tout aussi épars entre chocs métalliques et voix chanton-nant. Il s’achemine vers la répétition en sérialisant les corps des hijras s’avançant vers la caméra pour se présenter un à un par un « Hello » ou un « Hi » qui sonne comme un « I ». « La voix est ce véhicule incroyablement puissant de l’identité. [...] La vidéo lui offre un espace unique de mobilité et de fluidité 17 » et de résonance dans une correspondance entre machine à écrire et caméra que proposaient Roussopoulos et Seyrig 18.

17 Nicole Gingras « Les Voix du corps » in Marie Fraser (dir.), Explorations narratives/Replaying Narrative, catalogue Le Mois de la photo, 2007, Montréal, p.238.

18 Je remercie Catherine Corringer, Amandine D’Azevedo, Corinne Maury, Nadège Piton et SMITH pour leurs remarques.