SCUM MANIFESTO échos 80
gestion collective. L’entreprise est délicate. La surchauffe menace chaque respiration qui en rencontre une autre comme lors-qu’à l’intersection de deux figures circulaires la teinte de l’une se mêle à celle de l’autre pour en faire surgir une troisième. La ten-ture se déploie uniformément en arrière scène, retenue par des cordelettes fixées à chaque extrémité de la toile de Jouy fluores-cente dont les saynètes s’avèrent plus provocantes et satiriques que ce que l’on a coutume d’observer sur de telles étoffes. Des figures féminines s’essaient à des pratiques de torture ancestrales sur des figures masculines à cravates et bottes plateformes. D’ordinaire champêtres et domestiques, les vignettes n’ont conservé que quelques caractéristiques particulières telles des casseroles, des faux, des touffes végétales et des gerbes céréalières détournées de leur utilité première. Des épines métalliques détourées en phos-phorescence trémière s’insèrent dans la chair des figurantes effé-minées comme si la place leur avait été préalablement réservée. Des aiguilles perforent les orbites ulcérées des candidates en pré-sence, l’étoffe étouffant délicatement leurs stridences. La toile vient lécher, manifestation mobile et lumineuse, l’extrémité den-telée d’une structure boisée. L’estrade orographique (pièce circu-laire réalisée à partir d’une machine qui trace automatiquement la forme des montagnes) offre une reproduction des déclivités alti-métriques de La Rhune (Pyrénées). La sommité montagneuse coïncide avec la zone de réception pédestre dédiée à la prise de parole. Piétinera rageusement la carte là où des grottes ont abrité des célébrations païennes impliquant une bête à corne et des cohortes de sorcières. Frappera la frontière franco-espagnole en consonnes vibrantes parcourant les couches basaltiques. Écrasera des manechs à têtes noires, cornes incurvées, toison blanche et mamelles globuleuses mettant fin à la transhumance. L’édification de la famille des tables d’orientation entièrement marquetée selon la technique dite de la Tarsia a incastro, s’incruste d’écailles de