SCUM MANIFESTO LE FILM 9
analogiques, celle-ci entraînait une déperdition de qualité : perte d’informations et accroissement du bruit. Tout défaut de copie se transmet en outre de génération en génération. Une poussière ou une pliure de la bande source engendre un défaut qui devient partie intégrante du signal dans la copie. Il est donc décisif, pour revenir au plus près de l’original, d’identifier les copies les moins éloignées de la bande-mère et même, si possible, celles qui en sont directement issues.
Or une bande est souvent muette quant à sa place dans la généalogie. On n’établit celle-ci que par des comparaisons, des déductions et des visionnements attentifs aux défauts. La BnF a ainsi entrepris de recenser et de rassembler toutes les copies ana-logiques et numériques existantes, dans ses propres collections, celles du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, celles de l’Asso-ciation Carole Roussopoulos et enfin celles de la Médiathèque du Valais à Martigny (Suisse), où Carole Roussopoulos a déposé ses archives. Leur étude a permis d’établir de manière assez assu-rée leur relation de parenté. Une copie sur Betacam-SP conservée par la Médiathèque du Valais s’est détachée comme la plus inté-ressante. Un nettoyage de cette bande de référence a permis d’ex-traire une image d’une richesse plus grande que celle de toutes les copies de SCUM Manifesto qu’on trouve actuellement en circulation sur DVD ou en ligne. Les nuances de lumière en sont plus riches et les contours plus nets. Par ailleurs, le cadre d'origine y est préservé presque intact. On aperçoit par exemple, sur le bord gauche, le cadre d’une porte ouverte. L'image « respire » davantage que dans la plupart des copies. C’est donc cette bande qui a été élue comme la meilleure, pour fournir le fichier numérique de base du travail de restauration.
Restait à corriger plusieurs défauts majeurs, occasionnés d’abord par le vieillissement du support source ayant servi à pro-duire la bande de référence (vraisemblablement le master), ensuite