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l’idée de ne pas reproduire des épreuves à l’identique mais de produire des œuvres toutes différentes, par exemple en tournant de 90 ou de 180 degrés la feuille entre deux passages, en omettant ou en répétant une couleur, en chan-geant la couleur entre chaque passage, etc., de manière à n’obtenir que des pièces uniques bien qu’à partir d’écrans similaires. Ce n’était pas de tout repos, mais je crois (j’espère !) que cela l’amu-sait. Le dernier projet que nous avons réalisé était particulièrement complexe : sept paysages sur toile de 150 × 300 cm, variations obtenues à partir d’un même jeu d’écrans. Je crois qu’on mesure peu à quel point Éric se donnait pour chaque projet, et donc aux artistes, quelle était la somme de gestes répétés qu’il accom-plissait, faisant corps avec sa machine, patiemment, rituellement.

La journée terminée, et avant que la porte grise ne se referme, il me lançait son habituel “Allez !” (de même au télé-phone, en guise d’au-revoir) : je l’en-tendais comme une invitation à aller de l’avant, à persévérer, patiemment, rituellement, comme lui. Et par-delà les années cet “Allez !” m’accompagne toujours.

Paul Cox, novembre 2024

Paul Cox, Plafond en kit (Les sentences de Montaigne), 2004

Recueil de sentences inscrites par Montaigne au plafond de sa “librairie”, empruntées pour l’essentiel à des auteurs de l’antiquité. 33 feuilles en polypropylène imprimées recto verso reliées par 2 vis, 55 × 16 cm, 33 ex.

Éditions Éric Seydoux