journal, impropres à passer en machine. Tout cela se faisait dans une ambiance désordonnée, drôle, mais pas sans efficacité. Les projets, votés le soir en Assemblée générale, étaient imprimés dans la nuit, et collés au petit matin sur les murs de Paris, nous avions une vraie réactivité. Beaucoup de monde, dont un grand nombre d’artistes, visitait l’Atelier populaire, et fin mai, la technique de la sérigraphie, jusque-là peu répandue, s’est fait connaître. Pour beaucoup de gens, je n’étais plus non plus un inconnu.
Guy de Rougemont avait alors un bel atelier dans le Marais et m’a proposé de m’en prêter deux pièces. Ce fut donc mon premier ate-lier, associé avec Jacques Pesant, un ami rencontré à Paris-Arts, et déjà nous étions spécialisés dans les travaux d’artistes. Notre atelier était modeste, mais nous affinions notre technique et notre réseau. C’est en 1974 que nous avons déclaré notre activité à la Chambre des Métiers et ouvert notre entreprise sous le nom générique de “L’Atelier” rue Pernety, dans le 14e arrondissement. Cet espace s’est rapidement révélé trop petit, mais nous avons pu malgré tout y réaliser de beaux portfolios comme L’Emploi de la peinture édité par Présence Panchounette avec des planches de Fromanger, Casadesus, Le Boulch, Cueco. Ou cet autre, avec des planches d’Ivan Messac, et plusieurs commandes pour les Éditions Lahumière, à l’époque très actives. Il faut citer aussi Nicole Fauche qui éditait des Vasarely. Nous étions bien introduits dans le milieu artistique, nous avions la répu-tation de faire un travail de qualité, mais il fallait évoluer et, en 1979, nous allions trouver un beau local au 6, rue de l’Abbé-Carton, toujours dans le 14e arrondissement.
Jacques Pesant me quittera pour vivre à la campagne en 1982. Il avait été un compagnon solide et fiable. Après lui, j’aurai du personnel salarié, ce sera une aventure très différente.
Notre aménagement rue de l’Abbé-Carton allait permettre d’acquérir des machines semi-automatiques, ce qui était impensable aupara-vant. À la fin des années quatre-vingt, je m’équipais d’une machine dite trois-quarts automatique, c’est-à-dire une machine semi-auto-matique suivie d’une enlève feuilles et d’un tunnel de séchage. Un très bon équipement aujourd’hui encore. Vint ensuite le massicot de 106 cm d’ouverture. Au cours des années quatre-vingt-dix, les lampes à arc servant à insoler les écrans furent remplacées par une lampe à intégrateur, un matériel qui reste, lui aussi, moderne. Récemment, outre l’achat d’une affûteuse à meule diamant, un pont UV fut ins-tallé sur le tunnel, et un système de ventilation avec des filtres au charbon actif, qui limite les rejets à l’extérieur d’odeurs de solvants et d’encres, a complété l’ensemble. Une telle installation est rare