25

dans une entreprise de cette taille et cela nous permet de faire face à des projets d’artistes très variés. L’Atelier restera très artisanal par sa taille, j’aurai très rarement plus d’un salarié, mais son équipement sera moderne.

À partir de 1983, nous commençons à éditer des illustrateurs. Pour la première fois, nous faisons un vrai travail sur notre image et sur la communication. Nous éditons Chaland, Loustal, Floc’h, Willem. Nos éditions circulent beaucoup dans le milieu de la BD et de l’illustra-tion, cela nous sera très utile par la suite. Je prendrai même un stand à Angoulême deux ou trois années de suite.

En 1987, Oip – qui organisait la Fiac – crée le Saga, Salon de l’édition d’art au Grand Palais. Ce fut très excitant. Pour la première fois, nous avions une vraie tribune et ce salon allait influencer nos choix d’édi-teur. Nous avons alors cherché à nous rapprocher d’artistes contem-porains, et c’est ainsi que furent réalisées les premières éditions avec Pierre Buraglio (que j’avais connu en 1968), Frédérique Lucien, Claude Viallat… Nous nous éloignâmes des illustrateurs, mais le lien ne fut pas rompu. Le Saga exposait beaucoup d’œuvres sur papier, gravures, lithos, bois… Rapidement, il est devenu évident que la sérigraphie nous donnait de grands avantages en termes de supports, car nous disposions d’une technique avec laquelle nous pouvions imprimer sur métal, bois, verre, tout support de récupération… Des artistes comme Pierre Buraglio, François Bouillon, Claude Viallat en saisirent rapi-dement l’intérêt et nous avons commencé à présenter au Saga des éditions réalisées sur des sacs de farine (Claude Viallat), du verre ou de l’acier galvanisé (Pierre Buraglio, François Bouillon).

Ces expériences, que je trouve aujourd’hui encore innovantes, ont contribué à donner une couleur contemporaine à notre travail d’édi-teur. Cela nous a permis d’exposer trois années de suite à Art Basel (de 1997 à 1999) et aussi, lorsque le Saga disparut, de faire partie des éditeurs retenus pour la Fiac, où nous exposons toujours.

L’activité d’éditeur, qui équilibre globalement ses coûts, réalise un travail très positif d’image, mais dégage peu de bénéfices financiers. L’Atelier vivait donc de commandes – c’est encore le cas –, en affi-nant son offre. Afin de dégager des spécificités techniques, nous avons beaucoup misé sur l’impression en demi-ton, en trames dites stochas-tiques ou aléatoires, et en trames très fines. Aujourd’hui, notre savoir-faire est reconnu dans la maîtrise de ces techniques et trouve peu de concurrence. Cette spécificité s’exerce à travers nos collaborations à des projets ou à des livres d’artistes avec des galeries.