Dans le secteur du livre, la voie s’est ouverte grâce, tout d’abord, à un rapprochement avec une galerie d’illustrateurs, la Galerie Médicis (le lien avec les illustrateurs n’était pas rompu). À partir de 1994, nous coproduirons plusieurs livres d’illustrateurs à faible tirage entière-ment imprimés en sérigraphie et signés par leurs auteurs. Ainsi Les 36 Positions de Koechlin, Duo de Loustal, Les Montparnos de Dupuy et Berbérian, Un musée de Cathy Millet, Exposition de Floc’h. L’expérience reste originale. Le décès prématuré d’un des propriétaires de la Galerie mettra un terme à l’aventure.
Nous avons également bénéficié d’un certain nombre de commandes de la Galerie Yvon Lambert qui édite des livres d’artistes tirés à 150 exemplaires – l’occasion rêvée de travailler pour des artistes inter-nationaux tels que On Kawara, Richard Tuttle, Lawrence Weiner ou Paul-Armand Gette. Plus récemment, nous avons réalisé deux beaux ouvrages, Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire et Daniel Buren édité par les Éditions du Solstice, magnifique livre compor-tant des découpes à la forme, et Le Souffle à la surface, ouvrage collectif sur le thème de la Bible comportant des œuvres de douze artistes reconnus. La maîtrise technique de ce genre d’ouvrage, comprenant reliure et façonnage, fait aussi partie de nos spécificités.
Avec le recul, la situation a énormément évolué, surtout à partir des années quatre-vingt. L’exigence de la qualité a fini par donner une image particulièrement positive de L’Atelier. Le caractère innovant du procédé a également joué son rôle, tant auprès des artistes que du public. Les artistes ont compris que la sérigraphie leur permettait une expression originale et nouvelle, le public a été plutôt séduit par ces éditions situées à mi-chemin entre le multiple et l’œuvre originale, souvent réalisées sur des supports inédits, et qu’il leur était possible d’acquérir à des prix somme toute raisonnables.
Il y a donc bien deux piliers, un socle de savoir-faire et de technique moderne, et la communication à travers salons et expositions. À par-tir de 2002, j’organiserai des expositions d’artistes à L’Atelier où sont montrés des projets spécifiques réalisés en sérigraphie et quelques originaux. J’ai exposé Frédérique Lucien, Pierre Buraglio, Jef Gravis, Claude Viallat, Paul Cox, Béatrice Casadesus et, prochainement, Soizic Stokvis. En fait, je cherchais une alternative aux salons et un certain public s’est fidélisé dans ce lieu original qui ne ressemble pas à une galerie. La tentation est devenue grande de réaliser des pièces uniques en sérigraphie vendues comme des œuvres et non plus des multi-ples. Je l’avais déjà un peu fait avec Pierre Buraglio, je l’affirmais plus franchement encore avec Béatrice Casadesus lorsque nous réalisâmes onze œuvres de divers formats, toutes pièces uniques imprimées sur