L’Atelier d’Éric Seydoux dans le paysage de l’impression d’art en sérigraphie en France, 1974-2013
Cécile Pocheau-Lesteven
En 1983, Françoise Woimant, conservatrice en charge des collections d’estampes contemporaines à la Bibliothèque nationale, fait paraître dans la revue Les Nouvelles de l’Estampe le “Répertoire des ateliers de sérigraphie d’art en France1”. Cette publication fait suite à celles, quelques années plus tôt, des répertoires des ateliers des taille-dou-ciers 2 et des imprimeurs lithographes 3 en France. L’auteure en justifie l’urgente nécessité par l’importance croissante, entre 1970 et 1983, des entrées dans les collections de la BnF d’estampes originales impri-mées en sérigraphie. Ce recensement est pour elle l’occasion de dres-ser un panorama succinct mais précis de l’édition d’art en sérigraphie en France4. Un court historique commandé à Sylvie Bacot 5 complète ce tableau. Ces deux textes qui introduisent le répertoire des ateliers viennent pallier une absence d’études générales sur la sérigraphie d’art en France que déplorent les deux auteures. Ils sont d’autant plus précieux aujourd’hui que l’état de la recherche sur le sujet n’est guère plus avancé.
Ils mettent en exergue plusieurs caractéristiques de l’histoire de la sérigraphie d’art en France. Devenue en deux décennies “une tech-nique riche et féconde de l’estampe contemporaine”, la sérigraphie reste intrinsèquement liée à ses origines industrielles. Parallèlement à l’exploitation de ses ressources par les artistes, elle continue d’être uti-lisée dans l’industrie, par les graphistes et les affichistes, pour la réali-sation de dispositifs de communication, de panneaux publicitaires, de