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logos, de signalétiques, d’emballage, etc. Les frontières sont poreuses entre les usages. Le répertoire de 1983 décrit donc à la fois les impri-meries commerciales qui “orientent une partie de leur activité vers la sérigraphie d’art” et les ateliers d’impression d’art en sérigraphie, “beaucoup plus rares”, souvent “créés par des peintres travaillant seuls ou avec des équipes très réduites”. Le terme de sérigraphie d’art englobe alors tous les travaux réalisés dans le domaine artistique : estampes, affiches et “re-créations” d’œuvres. La question de l’origi-nalité des œuvres imprimées en sérigraphie est déjà soulevée. Elle sera au centre des débats sur l’estampe lors de la crise de l’édition d’art dans les années 1990.

Françoise Woimant et Sylvie Bacot insistent également sur le fait que c’est une histoire qui se construit au gré des évolutions techniques de l’“ingénieux” procédé qui, d’“ingénu” – pour reprendre la jolie expression de Dominique Tonneau-Ryckelynck 6 – avec ses pochoirs et autres découpes manuelles, devient extrêmement sophistiqué avec l’apport des techniques photographiques, l’insolation, les recherches sur les trames et les encres jusqu’aux technologies du numérique –, des évolutions bien souvent mises au point pour l’industrie que se réapproprient les imprimeurs sérigraphes et les artistes.

Technique semi-mécanique, ultraprécise, permettant une reproduc-tibilité infinie sur toutes sortes de supports, la sérigraphie est adaptée par des imprimeurs inventifs pour correspondre, dès le début des années 1950 en France, aux aspirations de plusieurs générations d’ar-tistes apparentés à différents mouvements artistiques.

Les années 1950-1980

L’Atelier d’Éric Seydoux fait partie de la vingtaine d’établissements que Françoise Woimant a méthodiquement recensés dans son réper-toire. Un questionnaire détaillé a été adressé à tous les ateliers de sérigraphie ayant une activité artistique en France en 1983, des visites ont été effectuées quand cela était possible. Sans prétendre à l’ex-haustivité, l’auteure se réjouit que “dans ce répertoire, s’inscri[ve] en grande partie et sous un jour nouveau l’histoire de la sérigraphie française”. De fait, en parcourant les notices descriptives des ateliers, se dessinent les grandes étapes d’une histoire récente que Françoise Woimant fait remonter à 1949 – date à laquelle Wifredo Arcay exé-cute la première sérigraphie de Vasarely. Ce sont trois décennies de