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production artistique en sérigraphie et deux générations d’impri-meurs, d’artistes et d’éditeurs qui sont ainsi mises en lumière.

Quand Éric Seydoux et son associé Jack Pesant ouvrent L’Atelier rue Pernety dans le 14e arrondissement de Paris en 1974, à la fin d’une décennie de grande euphorie pour l’édition d’estampes et à l’aube d’une grave crise économique, une petite dizaine d’ateliers d’impres-sion d’art en France – majoritairement installés à Paris – produisent en sérigraphie, avec artistes et éditeurs, des milliers de planches par an.

Premier d’entre eux par l’ancienneté et l’importance de la production, l’atelier Arcay a été créé en 1951 à Meudon. Véritable initiateur avec les éditeurs René Bloc et Denise René de l’intérêt que portent les peintres abstraits à la sérigraphie en France dès le début des années 1950, l’ar-tiste cubain Wifredo Arcay réalise en sérigraphie tous les albums col-lectifs ou monographiques signés Mondrian, Arp, Herbin, Vasarely, Mortensen ou Dewasne qui paraissent dans la première décennie de cette histoire. Il installe en 1969, après plusieurs déménagements, son atelier rue Boulard à Paris. En 1983, il mentionne dans le questionnaire de Françoise Woimant que, jusqu’en 1973, début de la récession éco-nomique qui va affecter fortement l’ensemble du marché de l’art, 60 % de son activité était consacrée aux commandes des éditions Denise René7. Jusqu’au début des années 1980, l’atelier Arcay reste l’un des principaux ateliers imprimant en sérigraphie les œuvres des tenants de l’art géométrique, de l’Op’Art, de l’art minimal et de l’art concep-tuel, tels que Vasarely, Morellet ou Buren, qu’il contribue à diffuser.

En 1955, quatre ans après Wifredo Arcay, Jean-Jacques de Broutelles, peintre de formation, ouvre à Paris son atelier d’impression en sérigraphie, Paris-Arts. Il y exécute notamment des reproductions de tableaux de maîtres en affiche, véritables prouesses techniques qui nécessitent une grande finesse d’exécution. C’est auprès de lui que se forment plusieurs sérigraphes parmi lesquels Éric Seydoux, arrivé des États-Unis en 1966, Jack Pesant, Michel Kizlik, architecte de forma-tion, avec lequel Jean-Jacques de Broutelles monte en 1974 un atelier dénommé La Sérigraphie, travaillant notamment pour Jean Dubuffet dont il réalise la plupart des sérigraphies. Il forme également son fils, Frédéric, qui rejoint Éric Seydoux au début des années 1980, un peu avant le départ de Jack Pesant.