“né des cendres du mouvement ‘undergraphique’ des années 1980” et résolument orienté vers l’édition alternative et le graphzine – sortent de L’Atelier des planches de Pascal Doury, Crumb, Willem, Bruno Richard ou Kiki Picasso.
Le tournant des années 1990
À partir des années 1990, le paysage de l’impression d’art en France évolue considérablement. Face à l’effondrement du marché de l’art qui affecte le monde de l’édition d’art, face à la défiance des collec-tionneurs à l’égard du multiple qu’expliquent en partie les abus d’édi-teurs d’estampes peu scrupuleux qui ont inondé le marché d’œuvres médiocres aux tirages exponentiels, souvent réalisées en sérigraphie, les imprimeurs et éditeurs d’art de toutes techniques s’organisent. Se mettent en place des salons spécialisés comme le Saga (Salon des arts graphiques et de l’édition d’art) qui se tiendra de 1987 à 1999, des manifestations comme “Le Mois de l’estampe à Paris” biennale de 1997 à 2005. Les ateliers ouvrent des espaces d’expositions et parti-cipent activement aux secteurs éditions des grandes foires internatio-nales d’art contemporain. En 1994 est créée l’association “Les Ateliers estampes originales contemporaines” dont Éric Seydoux est l’un des membres fondateurs. Insistant sur la notion de création originale, ate-liers et éditeurs s’orientent vers une réduction des tirages et une parti-cularisation des épreuves. Pour rester viables en continuant à produire et éditer des œuvres originales, les ateliers d’impression d’art doivent rechercher l’excellence et cultiver leur singularité, “viser au plus haut possible du produit en trouvant un langage avec chaque artiste, propre au médium, et non pas en réalisant des reproductions de leurs œuvres existantes” pour reprendre les mots de l’imprimeur en lithographie Michael Woolworth8.
Au début des années 1990, Éric Seydoux oriente résolument son acti-vité vers l’art contemporain, faisant le choix de mettre au service des artistes son savoir-faire technique, son inventivité et son insatiable curiosité pour la sérigraphie, les incitant à créer des œuvres uniques avec ce procédé, relevant tous les défis, imprimant sur les supports les plus inattendus, verre, métal ou toile. Jusqu’à la fin de son activité en 2012, des artistes de générations et de sensibilités différentes vont renouveler leur pratique avec lui. Les témoignages de Pierre Buraglio, Paul Cox, Christophe Cuzin, Shirley Jaffe, Frédérique Lucien, Bernard