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on trouve tout l’équipement nécessaire pour œuvrer !

À l’étage, il y a un studio de dessin sou-vent squatté par des amis d’Éric, entre autres Claude Richard, et un coin repas-cuisine où l’on peut recevoir et “brainstormer”. Anne-Marie Dupré nous rejoint et travaille à mi-temps. Je fais part à Éric de mon projet d’affiche de boîte de robot japonais. Par un jeu de filtres, il extrait la quadrichromie de la boîte sur la petite chambre photo. Après quoi je sortirai le bon-à-tirer. J’étais tel-lement heureux !

Finalement, sur la lancée, le portfolio Robots verra le jour, mes amis collection-neurs nous procurant rapidement toute la documentation.

Armand Hui Bon Hoa, grand collection-neur de robots et d’originaux de BD, me présente son ami Louis Bothorel. Louis est collectionneur d’art et bibliophile ; travaillant dans les livres anciens, il est très respecté dans la profession. Avec Armand, j’irai voir Yves Chaland, Frank Margerin… plus tard je retournerai chez Yves Chaland en compagnie d’Éric.

1983 : Terminant la dernière planche du Chic ou Voyou de Benito, nous l’affichons en totalité dans l’atelier pour savourer le travail accompli. Christian Desbois des Éditions Décalage choisit alors ce moment pour passer nous voir. Il est totalement séduit et se propose d’en être le diffuseur. Il envisage un stand à la Convention de la BD, endroit par-fait pour nous représenter ; Anne-Marie et moi finirons par convaincre Éric d’y prendre aussi un stand. Christian Desbois accepte volontiers de nous laisser y pro-poser notre Chic ou Voyou.

Le salon fut un tel succès que dorénavant L’Atelier ferait tous les ans la Convention de la BD, le Festival d’Angoulême et plus

tard le Saga. Cette première conven-tion fut d’abord une réussite pour nos ventes ! Mais en un week-end, L’Atelier s’était également fait un petit nom dans le monde de la BD. Nous avions ren-contré des collectionneurs, des libraires, des journalistes, des diffuseurs, des édi-teurs et beaucoup d’artistes séduits par la sérigraphie. Notre carnet d’adresses se remplissait, beaucoup d’amateurs deviendraient des clients.

Grisé par cette dynamique, je contactais Marc Caro pour lui proposer de faire une estampe. J’ai réalisé et imprimé le bon à tirer si rapidement qu’Éric m’a laissé entendre qu’il aurait voulu y par-ticiper davantage. Je nous voyais bien mener chacun sa propre collection et lui en fit part.

1984 : Travailler à L’Atelier devenait exci-tant, certes il y avait encore des travaux alimentaires mais, en plus du milieu de l’art, notre réputation d’imprimeur était désormais reconnue chez les “Petits Mickeys”, dans les agences de pub, et nous étions visités par des artistes, des collectionneurs, tout un monde qui au final nous apportait du travail.

Pierre Ouchacoff rejoignit l’équipe à mi-temps, comme Anne-Marie. L’ambiance était bonne.

Ça se bousculait dans ma tête, l’estampe avait ses avantages… et ses inconvénients. Le portfolio était un bon compromis. J’avais envie de livres à système, d’ap-pliquer des effets de sérigraphie : ther-moformage, impression sur verre, flo-cage, découpe, embossage. De varier les supports, d’offrir une richesse de pro-duction à de jeunes artistes, de prendre des risques.

Proche de l’obsession, le projet de ras-sembler plusieurs artistes dans un livre