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imprimé tout en sérigraphie prenait forme, mais le coût de fabrication s’an-nonçait prohibitif pour L’Atelier. Je me tournais alors vers Louis Bothorel pour monter une association loi de 1901 et lui demandais son soutien financier ; on publierait et on ferait travailler L’Atelier !

Je lui dévoilais ce projet de livre sur le thème du squelette, Croquemitaine, conçu par un collectif d’artistes dont le début de casting inclurait Pascal Doury. Bref, après un jour de réflexion, Louis me donna son accord. Caro et Placid m’ont alors bien aidé en me donnant des adresses pour trouver les autres collaborateurs.

Je présentais ensuite mon plan à Éric, arguant que l’association servirait L’Atelier en lui apportant des com-mandes facturées et programmées pour pallier les creux de planning ; elle le mettrait aussi au premier plan ! Et si jamais un de mes projets plaisait à Éric, il était entendu que L’Atelier le prenne en charge et en devienne l’éditeur ; cela n’ar-rivera qu’une fois et ce pour la sérigra-phie de Mark Beyer. 

Le Bureau fut composé de Louis, tréso-rier, et de Brigitte, ma compagne, prési-dente. Tout notre temps libre y passait. Il fallait trouver pour l’association un beau nom qui donnerait un acronyme brillant ; Placid et Muzo avaient placé la barre assez haute en créant l’Anal. Nous ramions joyeusement, jamais satisfaits ! C’est au dernier moment que je trou-vais “Pour adultes avec réserve”. La formule, surgie du passé, avait été uti-lisée à outrance par l’Office catholique du cinéma dans le but de déconseiller chaque programme télé intéressant ! C’était dans Télé 7 jours. Dans les 60’s, ça faisait bien rire mon père. Ça collait

bien et donnait comme par miracle l’Apaar.

Pendant la production de Croquemitaine, j’étais aux anges. Nous étions tous occu-pés à découper des os, à les colorier et à les imprimer. Dès sa sortie, ce fut un succès ; un diffuseur hollandais nous a proposé d’acheter tout le tirage, ce que nous avons refusé. On a bénéficié d’une très bonne presse. Mais ce n’est pas tout, je pense que cela a inspiré d’autres édi-teurs dont Michel Voisin qui nous a fait travailler avec les éditions Images Images et Manuel Joseph qui poussera le bou-chon encore plus loin en nous donnant la commande du portfolio Babylone Bobigny. J’espère avoir contaminé beau-coup d’autres artistes du graphzine avec la sérigraphie.

Pakito Bolino nous rejoindra comme stagiaire par la filière “Artotrafiquante” de Claude Richard, ami d’Éric et prof à Angoulême ; Claude fournira d’autres sta-giaires à L’Atelier après mon départ, dont Jean-François Guilberteau et Blexbolex.

Impressionnés par la performance de Pakito sur son chef-d’œuvre de fin de stage et par ses qualités, nous l’emploierons à mi-temps vers 1988, après les départs d’Anne-Marie et de Pierre Ouchacoff.

Tout compte fait cela a bien fonctionné. L’Apaar enrichissait le catalogue de L’Atelier ; la confusion était telle que peu y voyait une différence. L’Atelier était bien mis en avant et beaucoup d’éditions de l’Apaar lui furent attribuées. Faisant partie de L’Atelier cela me convenait très bien et Louis Bothorel comme moi étions ravis d’agir dans l’ombre. Bon, il est vrai que je me retrouvais à imprimer