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“Et tu choisiras un robot pour l’édito” m’a dit Philippe Manœuvre en posant sur ma table à dessin un tas de documents ; c’était pour le numéro 79 bis “Spécial Robot” de Métal Hurlant en sep-tembre 1982.

C’est comme ça que j’ai découvert l’exis-tence de L’Atelier.

Le portfolio Robot, un 30 × 40 cm – du même format que la sublime collec-tion de Futuropolis – reproduisait des emballages de jouets japonais anciens.Je leur ai même piqué la typographie du titre pour la couverture de ce numéro de Métal.

Ma rencontre avec L’Atelier aurait pu s’arrêter là mais au Festival d’An-goulême 1984 où je traînais avec les Humanoïdes Associés, l’éditeur de Métal Hurlant, je rencontrerai Anne-Marie Dupré qui justement travaillait à L’Atelier… Nous avons sympathisé, elle m’a offert le portfolio de Benito Chic ou Voyou puis, très vite, elle m’a présenté à Éric Seydoux et à Frédéric de Broutelles.

À l’époque, L’Atelier commençait à tra-vailler avec beaucoup de dessinateurs que je connaissais bien (Caro, Max, Kiki Picasso, Loustal, Willem, Yves Chaland…) et d’autres que j’avais très envie de connaître (Crumb, Mark Beyer, Pyon, Lydie Arickx, Bob Zoell…).

Je passais régulièrement à L’Atelier cher-cher Anne-Marie qui me montrait les projets en cours. J’ai tout de suite sym-pathisé avec Éric et Frédéric, l’ambiance était cool et ils étaient tous passionnés par ce qu’ils faisaient.

Je m’intéressais depuis longtemps à la sérigraphie, en fait depuis l’atelier révo-lutionnaire des Arts appliqués, rue du Petit-Thouars dans le 3e arrondissement de Paris en Mai 1968.

Dans les locaux de L’Atelier situés rue de l’Abbé-Carton (nom prédestiné pour une imprimerie) je découvrais une sérigra-phie bien plus sophistiquée, la tech-nique des sur-impressions entre autres… m’impressionnait. Mais comme il y avait des pratiques et des outils communs avec les dessinateurs de BD, tout ça était assez proche de mon métier de maquet-tiste et des techniques du Benday que j’avais découvertes grâce à Yves Chaland.Les années ont passé, mais nous sommes restés en contact chaleureux avec Éric et je continuais à passer à L’Atelier pour des vernissages quand il a pris le virage de l’art contemporain. Je le voyais aussi dans les grands Salons d’art où il présen-tait toujours des éditions remarquables et remarquées d’artistes que j’admire.Éric était pour moi, dans son travail d’imprimeur, un chercheur, un trouveur du truc que l’on n’a pas encore essayé… et en sérigraphie tout est possible en y consacrant du temps, de la patience et de la minutie. Hein Éric ?

Pascal Guichard, janvier 2025

Metteur en pages et DA pour Métal Hurlant entre autres.