4. Vous avez déclaré lors de l’exposition Martin Szekely. Ne plus dessiner2 : « Faire table rase du passé est pratiquement impossible dans quelque champ de production que ce soit. » Que retenez-vous de l’histoire dans votre travail ?
MSz : L’histoire est omniprésente, et ce malgré nous. L’histoire est la mémoire à partir de laquelle on se détermine, dans un sens comme dans un autre. À vrai dire, je scrute d’assez près l’évolution (donc l’histoire) des matériaux et des techniques de construction. Ces moyens matériels et techniques m’apparaissent comme une limite qui varie au fil des inventions. Mon travail est déterminé, entre autres, par cette limite qui ne cesse de se déplacer. L’histoire est la connaissance qui permettra à tout un chacun de se situer par rapport à ce qui a déjà été fait, de garder un peu d’humilité quant à sa propre pratique, mais aussi de se déterminer pour dépasser les acquis.
La nuance, le doute, la mesure et le discernement ne sont-ils pas l’apanage de la connaissance ? Mais faire œuvre, c’est avant tout consulter l’histoire pour penser contre son temps, et cela ne va pas sans quelques inconvénients.
2 Exposition Martin Szekely. Ne plus dessiner, Centre Pompidou, 12 octobre 2011-2 janvier 2012.