6. Vous travaillez pour l’industrie, vous exposez dans des galeries : existe-t-il un paradoxe entre ces deux démarches ? Qu’est-ce que cela vous apporte ?

MSz : Il n’y a pas de contradiction à travailler pour ces deux univers distincts. Pour l’industrie, je travaille à la commande, et le résultat devra être immédiatement accepté par le public. Dans le cas contraire, ce sera un échec. Quant aux résultats de mes recherches exposés dans les galeries, il s’agit pour moi de faire « œuvre » et d’ajouter à chaque nouvelle exposition un nouveau chapitre aux travaux déjà réalisés, afin de constituer au fil du temps un corpus. La question du commerce est dans ce cas tributaire de l’hypothétique désir du collectionneur, qui se déterminera aujourd’hui, dans plusieurs années ou jamais. Jusqu’à maintenant, travailler pour l’industrie a été pour moi le moyen de vérifier ma capacité à comprendre son monde, ainsi que celui du commerce, mais aussi de sentir ce qui fera office de « lieu commun » : le produit industriel doit se vendre en quantité, et par là même être désiré par le plus grand nombre dès son lancement.

7. Depuis 1996, vous avez choisi de « ne plus dessiner », et ce choix a donné son titre à votre exposition monographique au centre Pompidou en 2011-2012, à l’occasion de laquelle vous avez déclaré : « Aujourd’hui mon travail m’apparaît comme une soustraction à l’expressionnisme du dessin. »