et où les usages s’avèrent impossibles : une feuille d’aluminium de très fine épaisseur pour une grande portance, mais aussi une précision horlogère des assemblages. Ce projet est un défi structurel : faire tenir debout, avec le minimum de matière, une structure et sa charge utile, en l’occurrence le poids des livres et des objets. Une économie matérielle qui induit une économie visuelle… peu de choses à voir en somme.
Le matériau dicte sa règle et je la mets en évidence, rien de plus — le plus n’est pas nécessaire, et le pas assez risque de mettre en péril la structure. Tous les composants sont interdépendants. S’il en manque un, l’ensemble perd sa cohérence, et sa tenue n’est pas assurée. La construction de Des étagères est dictée par la spécificité fonctionnelle du mode d’assemblage, et non par des choix subjectifs d’ordre esthétique.
Des étagères s’autodéterminent, et je ne les dessine pas. La fixation d’une étagère oblige à un décalage vers le haut ou vers le bas de la tablette voisine, et ainsi de suite. L’ensemble de ces décalages participe au maintien de la structure et de sa charge. L’espace entre deux tablettes, c’est le pas. Ce pas est déterminé par l’usage. Dans ce cas, c’est ranger des livres et des objets. L’intervalle entre deux montants est également déterminé par l’usage : sortir et repositionner un livre sans effort ; ainsi les montants font-ils office de serre-livres. Vous l’aurez compris, ne plus dessiner n’a rien à voir avec le fait de ne plus prendre un stylo pour prendre des notes ou même faire des croquis, ce que je fais habituellement pour communiquer avec les gens avec qui je travaille.