8. Andrea Branzi a envisagé dès la fin des années 1960 un effacement des frontières entre espace public et espace domestique, et cela s’est inscrit dans sa manière de concevoir le mobilier. Vous avez réalisé des projets destinés à ces deux sphères, publique et domestique (JCDecaux et musées notamment ; et mobiliers domestiques). Comment les définissez-vous et de quelle manière les appréhendez-vous ?

MSz : Aucune idéologie politique ou sociale n’a jamais dicté mon travail, ni dans le cadre de mes recherches personnelles ni dans celui de mes collaborations avec l’industrie. Mon travail, son éthique ou sa motivation se situent à l’intérieur même du travail, et je ne recherche pas de légitimité extérieure d’ordre idéologique. Je laisse à d’autres, s’ils en ont la capacité, le soin d’envisager le futur et de nous le rendre meilleur.

Pour revenir à la réflexion d’Andrea Branzi : était-ce un appel à la grande famille des hommes à abattre, ces fameux murs qui nous séparent les uns des autres ? Mais n’est-il pas plaisant de se retrouver de temps en temps chez soi, dans son pré carré, à l’abri des autres ? Et de pouvoir en sortir pour rencontrer les autres dans l’espace public quand bon nous semble ? Le problème des idées simplistes ou slogans de tous bords, c’est qu’ils sont sans nuance et donc, tôt ou tard, violents. À ce propos, j’ai lu ce matin dans le journal un entretien avec l’architecte et urbaniste Chantal Deckmyn : « L’espace public