est un bien commun, qui joue un rôle de régulateur, et nous avons toujours besoin d’un tiers pour nous éviter de fusionner avec les autres ou de nous entretuer. L’espace public est ce contenant et ce tiers qui permet aux gens d’être ensemble. » C’est aussi la belle phrase de Hannah Arendt qui dit : « L’espace public, c’est ce qui nous empêche de tomber les uns sur les autres. » Finalement, Andrea Branzi avait peut-être raison avant l’heure ? Voyez de quelle manière les smartphones nous maintiennent en réseau jour et nuit, et quelle que soit notre localisation sur Terre ! Les murs, de fait, n’existent plus. Notre seul recours, c’est la touche off, encore faut-il avoir la force d’esprit d’appuyer dessus !

9. « La métaphysique la plus profonde s’est enracinée dans une géométrie implicite […] qui spatialise la pensée ; si le métaphysicien ne dessinait pas, penserait-il5 ? » « Ne plus dessiner » peut-il s’assimiler à une volonté de faire valoir la pensée dans l’objet ? Cela se déploie-t-il également dans votre manière d’envisager l’espace domestique et la place que les objets y occupent ? Quelle est selon vous notre relation aux objets ?

MSz : Je pense les objets et les commente une fois que je les ai réalisés, mais ne demande à personne de se préoccuper du pourquoi et du comment, comme je le fais moi-même et pour ma propre gouverne. Certains apprécient mes

5 Gaston Bachelard, La Poétique de l’espace, Paris, PUF, 1957, p. 141.