10. « Ne plus dessiner c’est se mettre à une distance objective du projet […]. C’est établir une méthode de travail basée sur des données extérieures à ma personne et partageables par tout un chacun, celles que je nomme les “pierres dures” : l’intitulé du projet […], sa dimension culturelle […], les modalités de sa réalisation […], sa destination contextuelle (le lieu), et surtout les gens à qui est destiné le projet. » Françoise Guichon vous avait questionné sur cette « légère mise à distance que certains pourraient qualifier de froideur ». Humilité ou recherche d’un « niveau abstrait » dans le mobilier ?

MSz : Froid à l’extérieur et chaud à l’intérieur, à l’image de ce que j’essaie de faire avec mon travail. Il s’agit souvent d’ambivalences, celles qui tendent en fin de compte à l’équilibre. Lorsque Françoise Guichon m’a interpellé quant à la notion de « froideur », elle m’a demandé ce qu’il en était de cette « légère mise à distance que certains

travaux pour des raisons qui leur sont propres, et je ne désire pas leur imposer mes pensées. L’objet, le meuble sont des masses inanimées qui, si elles ne nous conviennent pas, au sens large du terme, nous encombrent. Dans le cas contraire, elles nous accompagnent comme nos ombres.