11. Comment changer l’équation liberté d’usage et usage ? À partir de quels paramètres pourrait-on décider de la développer ?
MSz : J’ai peur de ne pas comprendre de quelle équation il s’agit. Les objets et les meubles, dans le meilleur des cas, devraient laisser advenir les usages, même si une part de leur existence physique, tout compte fait, nous encombre. J’envisage ma pratique sous l’angle du constructeur et de l’usage qui sera fait de la construction, ce qui implique d’emblée l’usager, son corps et son environnement. De celui qui construit — ce qui est le propre du designer, contrairement à l’artiste, à qui peuvent suffire les idées pour mener à bien son œuvre —, appelle l’histoire des structures et des technologies qui les sous-tendent. Le designer ne peut plus se cantonner à un jeu de formes ou d’esprit et proposer un énième produit différent. Je note que, avec l’expérience, il m’est a priori aisé de concevoir une table, mais combien de tables je m’interdis et rejette avant d’élire celle qui, à mes yeux, selon mes critères, vaut la peine d’être réalisée ! Celle qui, à la suite d’innombrables autres, modifiera par sa seule présence l’ensemble du travail déjà constitué. Une quête que je mène avec constance ; une pensée en construction.
pourraient qualifier de froideur ». À quoi j’ai répondu que « “refroidir”, ce pourrait être un mot d’ordre en ces temps de surchauffe où tout semble vouloir — et devoir — solliciter les sentiments, les sensations et l’affect. N’y aurait-il pas, au contraire, de plage de silence et d’espace pour le retrait ? ».