13. Vous employez souvent le terme « lieu commun », cela définit-il autre chose que l’archétype ?

12. L’ornement est-il un crime ? Quelle place conserve la couleur dans votre travail ?

MSz : Adolf Loos, au début du siècle dernier, réagissait avec force. Il avait ses raisons. J’ai très tôt eu un penchant pour les lieux communs qui sous-tendent notre culture et notre lien aux nécessités factuelles et symboliques que l’art populaire exprime si bien. D’autre part, avant d’être apprécié d’un point de vue esthétique, l’ornement, le motif, peut se traduire en temps passé. C’est le temps qu’il aura fallu à l’artisan pour couvrir son ouvrage de décors. On pourrait même y voir une forme de politesse : face à l’ouvrage, celui qui le contemple peut comprendre l’ornement (ou la complication) comme un temps qui lui est adressé. Et je me pose la question : n’y aurait-il pas une sorte d’équivalence entre cette notion liée à l’ornement et la complexité technologique contenue dans chacune de mes pièces ? L’ornement existe comme face inversée du lisse. L’un n’existe pas sans l’autre. L’un existe grâce à l’autre. Quant aux couleurs, je les envisage comme dans un film en noir et blanc : elles y sont toutes contenues. La couleur me semble être une donnée fugace, tant du point de vue de la séduction que de sa survie dans le temps. Mais il apparaît que nous en avons besoin. En général, les couleurs passent et demandent à être ravivées. Personnellement, j’aime la gamme des gris. En Chine, j’en ai vu de très beaux, et à Paris également.