16. Cet intérêt pour les matériaux composites vous a-t-il conduit à travailler avec des scientifiques, des ingénieurs pour la mise au point de nouveaux matériaux ou procédés ?
MSz : Oui, il m’arrive de me rapprocher des savants, ceux qui savent, sans limitation de métier. Je leur soumets mes intuitions et, ensemble, nous mettons au point les projets jusqu’à ce qu’ils se matérialisent. Le temps n’est pas compté, et le résultat n’est en rien escompté. Je me sens très éloigné de l’attitude des artistes « créateurs ». Je me sens plus proche du chercheur en sciences qui inventorie, classe, compare et expérimente par itération, conjugue des faits pour, en de très rares occasions et après en avoir fait la synthèse, mettre le doigt sur quelque chose de déterminant. Pour le projet Concrete (2008), nous sommes allés au-devant de ce que les inventeurs du matériau Ductal Lafarge avaient pu imaginer : une véritable avancée technologique. Mais les choses peuvent aussi se dérouler tout autrement : j’ai récemment déposé une demande de brevet d’invention pour lequel j’ai résolu seul le projet. Les matériaux en jeu se résumaient à de simples planches et à des vis. Quoi qu’il en soit, je m’appuie souvent sur le savoir de ceux qui réalisent, et il s’agit toujours de coréalisations.