PARCOURS

1. Quel parcours vous a conduit à devenir designer ?

MSz : Mon parcours débute au sein d’une famille d’artistes, se poursuit par un apprentissage de la gravure et de la typographie à l’école Estienne (1971-1974), une immersion dans le monde du travail au sein d’un atelier de menuiserie, des cours du soir à l’école Boulle, l’ouverture à mon compte d’un atelier de menuiserie et de restauration de meubles anciens, la création et réalisation de meubles en bois de ma création, et enfin la rencontre, en 1978, avec Kwok Hoï Chan, éminent designer des années 1970 depuis disparu. À partir de là, je prends conscience de ce qu’est le design et me documente tous azimuts par le biais de voyages et de rencontres. Designer : cela se résume probablement à faire l’analyse des données historiques, technologiques et contextuelles d’un projet. Le meuble et l’objet sont mes sujets d’étude. J’envisage ce travail du point de vue de l’anthropologue, du sociologue et de l’ingénieur, voire de l’artiste que je ne suis pas. C’est le point de vue du candide qui se pose indéfiniment la question de l’usage des objets et de leur présence parmi nous. C’est pour vérifier tout aussi indéfiniment les réponses que je conçois et réalise des meubles et des objets. Cela dure depuis plus de quarante ans, sans que les réponses ne soient jamais définitives. Le meuble est le trait d’union quasi idéal entre l’intellect, l’art et le métier. Il est également un marqueur de premier ordre de nos vies ordinaires : toutes les maisons du monde sont encombrées de meubles. Le fait de leurs propriétaires. Un invariant universel.

Page précédente : Artefact, 2013 © Fabrice Gousset.