Entretien avec Fabienne Gateau

Directrice du musée

Depuis sa création et son ouverture en 2007, le musée départemental de la céramique a toujours été sensible à la question du handicap ?

En effet, et même avant, car le musée municipal entretenait déjà des liens forts avec une antenne du Centre de rééducation pour les déficients visuels implantée à Lezoux. Très tôt, des parte-nariats, des expériences ont existé. C’est pourquoi, assez naturellement, le musée départemental a continué dans cette voie, élargissant même sa démarche, car la volonté était très clairement d’être accessible à tous… et cela dépasse d’ail-leurs la question du handicap.

Le musée s’est intéressé à toutes les formes de handicap, et au-delà : que voulez-vous dire ?

Il était important pour tous, élus, tech-niciens, équipe du musée que l’établis-

Le musée de Lezoux est un musée où les « temps se regardent ».

sement, qui se voulait résolument acces-sible, réponde à minima aux exigences de qualité du Label Tourisme et Handicap. Cela a nécessité un premier travail de fond quant à l’adaptation physique du bâtiment et de la scénographie. Mais dès l’origine on a aussi travaillé en direc-tion de publics socialement éloignés de la culture ; et c’est par exemple ce type d’approche qui nous a valu de remporter le prix Patrimoines pour tous, juste après les Trophées de l’accessibilité.

En 2015 et 2016, vous remportez ces prix qui vous encouragent à poursuivre votre démarche d’accessibilité ?

Oui, tout à fait, et cela s’est traduit par ce projet de commande publique artistique.

Ce qui pourrait paraître étonnant pour un musée d’archéologie, mais le musée de Lezoux est un musée où les « temps se regardent » : l’Antiquité, la période contemporaine au sens historique avec la fabrique de poteries, mais aussi l’époque actuelle quand des artistes en résidence au musée produisent des œuvres qui entrent en résonance avec les collections.

La commande de l’œuvre « Le Secret du monde » est avant tout à destination des personnes déficientes visuelles, pourquoi avez-vous attaché une importance particulière à cette famille de handicaps ?

D’abord pour les raisons « historiques » évoquées plus haut, et au fil des actions du musée en faveur de l’accessibilité, une