des déficients visuels : « La lumière fai-sait ses couleurs sur les choses et sur les êtres aussi. Mon père, ma mère ou les gens croisés ou heurtés dans la rue, tous avaient une présence colorée que je n’avais jamais vue avant de devenir aveugle ».
« Tous les sons, toutes les odeurs, toutes les formes, dans mon esprit, ne cessaient de se transformer en lumière et la lumière en couleurs, métamorphosant ma cécité en un kaléidoscope » (Jacques Lusseyran, Et la lumière fut).
Et le toucher ?
Dans le musée, à plusieurs reprises, des visiteurs aveugles n’osent pas toucher les dispositifs tactiles conçus à cet effet. Pourquoi ? Parce que toucher est un acte intime, et être vu en train de décou-vrir, tâtonner, parcourir les objets, tou-cher avec attention peut être vécu de manière désagréable. Alors le toucher est
L’approche est résolument multisensorielle, avec l’idée d’aller vers le 6e sens des aveugles et malvoyants et, pour les voyants, de partager cette « vision ».
important, bien sûr, les mains ne peuvent pas s’empêcher d’aimer ce qu’elles ont touché complètement, mais com-ment dépasser le toucher ? Comment la personne aveugle va-t-elle pouvoir se constituer une image mentale de l’œuvre ?
Le Secret du monde apporte-t-il une réponse à cette question ?
L’approche est résolument multi-sensorielle, avec l’idée d’aller vers le 6e sens des aveugles et malvoyants et, pour les voyants, de partager cette « vision ». C’est donc assez expérimental, mais
aussi collaboratif, tout comme l’a été l’ensemble du projet tout au long de son calendrier d’exécution. Artistes, scien-tifiques, voyants, non-voyants se sont réunis pendant environ deux ans autour de ce projet qui nous a tous enrichis.