des mystères pour faire l’expérience interdite, ou s’en approcher : sentir ce qu’est l’intérieur d’une tête, savoir ce que cela ferait de vivre à l’intérieur d’une tête, percevoir ce que l’on ne peut, d’ordinaire, qu’imaginer ou comprendre. Les percep-tions seront tactiles, mais aussi auditives, olfactives (Nathalie Talec s’essaie à l’ex-périence de l’exposition des senteurs, que ne tentent aujourd’hui que de rares artistes pionnières — Kate Mac Lean ou Sissel Tolaas — alors que l’industrie en exploite déjà sournoisement les res-sources : l’odeur de pain et de croissants frais qui émane des boulangeries indus-trielles est un leurre puissant, et fabriqué de toutes pièces), proprioceptives — la
proprioception désigne cette capacité de notre corps à se situer dans l’espace grâce aux milliers d’informations qui lui sont transmises par des « capteurs » qui n’ont pas accédé (pas encore accédé ?) à la dignité des cinq sens différenciés que sont pour nous la vue, l’ouïe, le toucher, le goût et l’odorat. L’emploi de la techno-logie dans Le Secret du monde ne pro-cède pas d’une fascination naïve pour le progrès, mais de la volonté humaniste de mettre l’égalité de la devise républi-caine à l’œuvre, jusque dans le domaine infiniment complexe de la perception et de la sensation !
On y pénétrera comme dans une chambre des mystères pour faire l’expérience interdite, ou s’en approcher.