Les véritables enjeux du travail de Jean-Pierre Vielfaure sont masqués par une apparence trompeuse. Comme dans le jeu – que ce soit celui de l’enfant, celui du sportif ou celui du joueur professionnel – le scénario habille d’une fiction cohérente un ensemble de fonctions et de compétences dont la finalité ou l’origine n’ont parfois rien de purement ludique. Forme et contenu se mêlent et s’intervertissent jusqu’à l’impossibilité de séparer le primordial et l’accessoire, l’acquisition d’habiletés et le plaisir de les exercer, l’obligation conjointe de respecter un cadre global et d’inventer de micro-évènements. Le jeux masque ses enjeux.
De ce point de vue, les fictions élaborées par Vielfaure reposent sur des procédures très
proches de celles qui sont à l’œuvre dans les jeux d’enfant, notamment. Lorsqu’un enfant joue aux pirates ou aux explorateurs, ses motivations ne sont pas du tout celles des véritables pirates ou des voyageurs scientifiques. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas l’appropriation d’un trésor quelconque, dont l’enfant sait pertinemment qu’il est factice, ce n’est pas non plus la découverte d’espaces dont il sait bien qu’ils ne recèlent aucun inconnu véritable.
Ce qui motive l’exploration du jardin, du grenier, du terrain vague (autant de territoires que l’enfant connait comme sa poche), c’est d’abord le plaisir de modifier le réel, le temps du jeu. Cette modification s’opère dans le
Karim Ghaddab, critique d’art
Totems (et tabous)