Ce nom est tiré du site où auraient été retrouvés les premiers vestiges de cette culture, sur la presqu’île de Crozon, dans le Finistère sud, entre Telgruc et Rostegoff. Tout a commencé par des relevés de fouilles archéologiques, avec la série des Sites, dessins et peintures où sont figurés les paysages, la géologie, les prélèvements, les
mesures, etc. La taxinomie et une certaine reprise des modèles scientifiques participent donc pleinement de l’élaboration du Codex Bevern. Le plaisir ne peut être au rendez-vous que si la fiction est opératoire et pour cela, le jeu doit être aussi crédible que possible. Les amateurs de théâtre le savent bien, la crédibilité d’un jeu ne tient pas à son identité – d’ailleurs inaccessible – avec le réel. C’est une cohérence interne, un système de codes et l’usage de signes partagés qui permet de regarder la scène comme le réel, sans jamais que le spectateur ne soit victime d’une manipulation.
En ce sens, le théâtre a résolu depuis des siècles l’écart que les performances techniques de son jeune rejeton, le cinéma, ne font qu’accentuer chaque jour. Les artifices du cinéma deviennent peu à peu plus vrais que nature : le son Dolby Surround THX transforme le craquement d’une allumette en explosion assourdissante, les effets pyrotechniques sont plus spectaculaires et durent plus longtemps qu’une explosion réelle, les images de synthèse confèrent une
Jean-Pierre Vielfaure, Site (série Archéologie du futur), 60 x 75 cm, technique mixte sur papier, 1991 (photo Dominique De Graeve).