Les lieux sont imprégnés de souvenirs, de mémoire et d’esprits. Lorsque l’utopie cesse d’être palpable, il devient nécessaire de la capter dans les traces élaborées. Tel un archéologue, lors de ses différents séjours en résidence à Kerguéhennec de 1995 à 2000, en quête de ses fantômes, Jean-Pierre Vielfaure arpentera les couloirs et les combles du château pas encore rénovés. Il cherchera à découvrir dans chaque chambre désaffectée, les messages retenus sous les papiers peints qui se décollent, lambeaux de révélations. L’artiste s’immergera dans cette riche sensibilité de l’intemporel ou il retrouvera la légende de la disparition du châtelain s’évaporant le jour de son mariage, dont la momie fut retrouvée quelques années plus tard dans les combles du
château. Au cours de cette errance, Jean-Pierre Vielfaure cherchera à reconstituer l’histoire cachée et enfouie du lieu.
Il créera une forme de fiction qui recoupera la mémoire, la vie du château dans sa réalité et croisera la programmation future de son avenir très souvent investie par les artistes. Traversant la réalité qui s’infiltre en nous, nous existons dans la poursuite de visions utopiques. Plongé dans la fertile réceptivité du lieu, à la lisière du relatif et de l’absolu, l’artiste expérimentera l’espace unifié d’une conscience d’où la création surgit.
Méthodiquement Jean-Pierre Vielfaure rassemblera le champ épars de ces signes,
Fragments de mémoire
Chantal Cusin-Berche