formes tronquées de l’utopie et redonnera consistance aux empreintes, spectres métaphoriques dont il tirera des informations diverses et émouvantes. Au hasard de ses cheminements, il découvrira la blouse d’un enfant, un lit abandonné, une fiole d’oranger, un manteau suspendu, le squelette d’un oiseau mort, il notera les inscriptions mentionnées sur les murs, graffitis, croquis, poèmes, listes de trousseaux constituées par les lingères. Par bribes et fragments, il découvrira, classera, répertoriera ce savoir dissimulé. La récolte de ces matériaux constituera un vocabulaire archéologique qu’il consignera dans ses cahiers. Il procédera à des relevés, effectuera des photos, des croquis, des plans, des collages qu’il inscrira dans ses journaux de façon presque scientifique. Prenant conscience de ces indices, il organisera des espaces mentaux, sans imposer une réalisation définitive de l’histoire.
Ses carnets deviendront lieu d’inscription d’un territoire inconstitué ou dans l’intimité texturale s’organise une autre vision.
Jean-Pierre Vielfaure, Autoportrait, in Fragments d’une chronologie du hasard 1, page 26.